Je lève timidement la tête vers Axel qui regarde ailleurs absorbé par la vision des voitures qui passent. Super le soutien ! Je me sens seule face au fruit défendu. Je commence à comprendre ce que la pauvre Eve a ressentie face a la pomme. Enfin mon Raphaël est bien plus attrayant qu'une vulgaire pomme. Mais je suis obligée de penser aux conséquences. Elles ont été désastreuses pour les Hommes. Même si là les problèmes ne seront pas aussi étendus, pour moi seront-ils graves ? Je regarde désormais Raphaël. Il me fixe. Parle. Je t'en supplie parle. Comme si il entend ma phrase passée sous silence il ouvre la bouche et une voix que je reconnaîtrais entre mille désormais et que j'affectionne particulièrement m'arrive aux oreilles.
Raphaël : Je pensais que tu viendrais seule ...
Léna : Et moi je ne pensais pas que tu m'enverrais un message maintenant...
Et c'est reparti pour un silence pesant. Je ne pense pas m'être montrée désagréable. Je remarque quand même que depuis quelques temps Zoé déteint sur moi. Je deviens moi réceptives. Je suis plus froide bien que je ne lui arrive toujours pas à la cheville. Oui parce que moi, j'éprouve de la culpabilité après avoir parler aussi sèchement a quelqu'un. Voir les visages se décomposés sous mes tirades, les gens attaqués inutilement. Juste pour satisfaire une soif de cruauté grandissante dans mon âme. Je ne suis pas ainsi. Non pas moi. C'est Zoé ça.
Léna : Tu sais, si j'ai fait venir Axel c'est que tu peux tout dire devant lui. C'est mon meilleur ami et j'ai une entière confiance en lui. Alors parle. Ne te gène pas pour lui.
Raphaël : Le problème est que ... Je voulais parler de la boite la dernière fois ... Ecoutes ... Je pense sincèrement désormais que c'était une erreur. On aurait pas du. Et dans d'autres circonstance peut-être que ...
Léna : C'est bon j'ai compris. C'est bien que tu l'es fait sa m'évite de le faire. Et puis au moins on est fixé ! Tu es mon prof je suis ton élève et c'est tout. Oui c'est tout...
Non, non ce n'est pas tout malheureusement. J'aurais souhaité que ce soit le cas mais non. Et les larmes qui commencent à vouloir sortir, ma voix qui se brise, tous ça prouve bien que malgré tout le désir d'y croire a persisté. Et le revoir ne m'a pas aidé. Désormais je le verrais tous les jours. Il faudra que je subisse la vue de ce corps si parfait auquel je n'aurais plus le droit. Ces lèvres si tendres contre les miennes. Son souffle chaud contre ma peau. Sa façon de m'appeler sensuellement. Tout est fini. Fini pour de bon. Je n'y aurais plus la permission d'y goûter. La pomme est partie loin, très loin.
Mes larmes coulent désormais sur mes joues. Je ne les retiens plus a quoi bon ? Je souffre. J'ai mal. Oui mal profondément. Une douleur interne que je ne saurais expliquer. Aidez-moi. Chasser cet intrus qui a pris possession de l'intérieur de mon corps et de mon c½ur. Chasser le. Aidez-moi. S'il vous plait...




